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ENTRETIEN :
Entretien avec Patrick Frèche, président de Loft Design By...
Posté le vendredi 02 juillet à 09h18

Comme je vous l'expliquais en début de semaine, j'ai été contacté il y a assez longtemps par la marque Loft Design By…. Outre le fait de me prêter le showroom, Mathieu, le responsable communication, me proposait de rencontrer le président de Loft, Patrick Frèche. Vous connaissez ce blog, d’habitude, je rencontre des jeunes créateurs ou des stylistes, rarement des créateurs de marques aussi établies. Je ne suis pas un blog très connu, ni très commercial. Je n’ai pas le même trafic que Garance Doré ou La Méchante… Je ne mets pas de publicité et je ne me fais jamais rémunérer pour un article. Non, amateur de blogueurs passionnés et de belles photos, Patrick Frèche voulait juste me rencontrer informellement pour discuter…
Après plusieurs mois, nous avons fini par trouver une date commune pour déjeuner.


Patrick Frèche est un véritable personnage. Passionné de fringues, il sillonne le monde jonglant entre la présidence de la marque Loft Design By et sa passion pour l’art. Je le rencontre au siège de Loft, un bâtiment brut aux murs couverts d’antiquités et d’œuvres d’art. Sa poignée de main est chaleureuse, son regard franc. En chemin vers le restaurant, on commence à discuter de tout et n’importe quoi: sa passion pour l’art (il part le lendemain à la Foire de Bâle, pour acheter probablement), sa collection de photos de Villers, Fournole, Clergue, il cite Nietzsche (la vérité et la sérénité s’atteignent par l’esthétisme). Arrivé au restaurant, je commande des spaghettis à la Vongole, mes préférés, pendant que Patrick me choisit un verre de son vin blanc préféré (J’adore le vin, j’en collectionne pour mes amis. C’est beau une belle bouteille, surtout pour des gens qui apprécient. Faire kiffer les gens, c’est-ce que je préfère….).
Tant mieux, le kif, c’est mon truc. Je pose mon enregistreur sur la table pour un entretien fleuve à la découverte de la Frèche Touch…




La marque a fêté ses 20 ans en avril dernier, quel est le regard que vous portez sur le développement de Loft ?
C’est une marque qui a bien muri et qui a trouvé sa place, sans pousser des coudes, sans faire dans l’extravagance, en restant fidèle à ses valeurs qui sont universelles et simples: faire un bon produit avec une excellente qualité, avec des finitions et des détails qu’on ne voit pas mais qui font le luxe et l’élégance.

Quel a été votre parcours avant le lancement de Loft ?
J’ai fait des études très tard.. J’étais un étudiant attardé, j’ai fait Sciences Po, un doctorat de droit, je ne voulais pas m’arrêter. J’ai toujours aimé les fringues. Déjà à 14-15 ans, j’allais en Solex à Clignancourt le week-end pour trouver de vieilles fripes. Je faisais partie de la bande du Drugstore en haut des Champs Elysées. Tous les jeunes s’y retrouvaient. La salle de restaurant était fabuleuse, toute en bois avec des Winchester sur les murs, style western. La folie de l‘époque, c’était les chaussures à pompons, les pulls en Shetland, les blousons en daim style Kirk Douglas, les cabans marins, les vestes madras, les pompes Weston, toute une époque… Vous n‘avez pas du connaître tout ça…. Mais j’étais aussi un rêveur. J’étais attiré par l’art, l’architecture, j’ai commencé à acheter dans les salles de ventes à 16 ans. Les fringues, je suis finalement tombé dedans par hasard. J’ai commencé à monter des boutiques, puis j’ai lancé Loft en 1989.

Quelle a été la réaction du public à ce moment ?
Cela a été un véritable séisme. On a quelque part révolutionné le monde du vêtement. J’ai inventé quelque chose que les gens voulaient et qu‘ils ne pouvaient trouver à l‘époque. Créer des vêtements, c’est pressentir un peu les besoins des gens. C’est essayer de prévoir ce qui va se passer. On sortait des années un peu folles où il fallait s’afficher. Avec Loft, on retournait à quelque chose de plus sage, de confortable. Et on offrait un véritable style de vie.

Vous avez offert une mode en opposition au maximalisme et à l’ostentation des années 80...
Je n’ai pas cherché à me mettre en opposition à un courant. J‘ai juste essayé d’exprimer ce que je ressentais. Et il y a eu un formidable écho des clients.

......Dessin original de Wolinski pour l'ouverture de la 1ere boutique en 1989

Où a ouvert la première boutique ?
Faubourg St Honoré, un formidable emplacement. A l’époque la mode faisait plutôt des choses qui brillaient, alors cela dénotait beaucoup. On était parti sur un style de boutique atelier sur un fond brut.

Est-ce que ce concept a évolué ?
Une marque ne peut pas rester figée, mais les fondamentaux sont là: un esprit atelier dans lequel on n’a pas dénaturé le lieu. Lorsqu’on reprend un local, la première chose qu’on fait c’est de tout désosser pour retrouver la structure d’origine. Ensuite, on va donner un côté luxe avec de belles matières, des meubles contemporains, des tables danoises… J’aime beaucoup l'idée de partir d’une structure brute, cela se marrie avec tout.

Sur ces 20 dernières années, qu’est-ce qui vous a rendu le plus fier ?
Ce dont je suis le plus fier, c’est la durée. On ne se rend pas compte mais ce n’est pas évident aujourd’hui. Je suis fier de ne pas avoir abîmé les codes de Loft. On ne s’est pas galvaudé ou perdu.
En termes de vêtement, je suis fier d’habiller des gens qui se sentent bien, qui restent eux-mêmes, qui n’ont pas l’impression d’être déguisés.

Y a-t-il des choses que vous feriez différemment ?
Au risque de paraitre prétentieux, je vais vous dire que je n’ai pas de regret. Il n’y a pas de choses que j’aurais pu faire et que je n’ai pas faites. Peut être un développement plus agressif, mais les regrets, ce n’est pas mon truc.

Depuis 20 ans, on a vu l’arrivée en France des marques mainstream comme Zara ou H&M, puis plus récemment le développement important de marques plus hauts de gamme comme Comptoir des Cotonniers ou The Kooples. En comparaison, le développement de Loft parait plus sage…
Effectivement, nous avons été confrontés d’un côté au mass market avec l’émergence de Zara, H&M, Gap, ou maintenant Uniqlo et de l’autre côté par le luxe qui a fait un grand retour sur la scène auprès du grand public. Et dans cet étau, on a vu depuis 3-4 ans l’arrivée de jeunes marques hyper agressives comme Maje, Sandro, The Kooples… Avec Loft, je vais vous dire que nous sommes hyper confortables aujourd’hui. Il y a de la place pour tout le monde. En ce qui nous concerne, on a notre territoire d’expression, on a des codes biens particuliers, des racines bien établies.
C’est sûr, demain, je pourrais faire appel à une banque et lever des capitaux pour ouvrir des centaines de boutiques. Mais c’est pas notre truc, on veut prendre notre temps, faire bien les choses. J’aime bien me presser avec lenteur.
Et je ne suis pas le seul dans ce cas, regardez APC, ils vont aussi à leur rythme. Ce qui est important vis à vis du client, c’est d’avoir un discours de vérité.

......Le showroom Loft

Vous êtes également pas très présents dans les médias ?
C’est vrai que nous communiquons peu. On a déjà fait des campagnes formidables notamment dans Libé où on jouait avec la définition des mots. C’était rhétorique, avec des syllogismes, pas du tout marketé. Aujourd’hui, on communique à travers les actions caritatives ou littéraires qu’on va relancer avec Werner Lambersy, un poète avec qui j’avais créé la nuit des poètes il y a une quinzaine d’années et que nous allons relancer. On a fait des actions sur la Paix, sur la diversité. On a été partenaire et on a été présent, mais communiquer pour faire du trafic, on ne l’a pas fait.
Maintenant, on a envie d’exister un peu plus sur le plan médiatique. On doit faire comprendre aux gens ce qu’est Loft. Loft a évolué, ce n’est pas que du blanc, du noir, du gris... Aussi, on finit de mettre au point une très belle campagne avec beaucoup d’humour, de clins d’œil. Vous la verrez très prochainement !

L’avenir de Loft, c’est l’international ?
Oh que oui. On a ouvert récemment à Londres, on a va aller à Berlin, Madrid, Barcelone puis les Etats-Unis et sans doute l‘Asie. On prévoit 19 nouvelles boutiques d’ici 2013.

Où voyez-vous Loft pour les 30 ans ?
C’est intéressant, je n’y avais pas vraiment réfléchi… [Petit temps de réflexion]
Moi dans 10 ans, je ne vois pas uniquement de nouvelles boutiques, mais une déclinaison sur un véritable art de vivre, avec du mobilier, de l’architecture. On va étendre notre territoire d’expression. C’est un rêve qui va se réaliser, mais à l’horizon de 10 ans.

......

Où sont fabriqués les produits Loft ?
Un peu partout: en France, en Italie, au Portugal, en Asie parce qu’ils savent faire, en Inde où je travaille depuis 1979 pour les foulards et les écharpes. Partout où il y a un vrai savoir faire.

Toujours une partie en France donc…
Oui, mais pas assez… Le problème c’est qu’en France, des berceaux entiers de la filière textile ont été démantelés: Roubaix, Troie, Roanne, Lyon, on a saccagé ces métiers.
Chez Loft, on achète les plus belles matières. Si je le fais produire en Italie, il me reviendrait beaucoup plus cher et je serais obligé de le mettre au même prix qu’une marque de luxe. Nous on achète un produit, on n’achète pas un prix. On s’intéresse au savoir faire, et on trouve le meilleur endroit pour pouvoir le proposer à nos clients à un bon prix.

Vous avez utilisé le mot de luxe, est-ce que Loft, c’est du luxe ?
On se situe à la lisière du luxe, c’est une façon de revenir aux sources aussi. En ouvrant Loft Faubourg Saint Honoré, nos clients communs sortaient de chez Hermès pour venir chez nous. Ce n’est pas incompatible. Je suis contre les total-looks. Rien ne m’empêche de mettre un gilet de cachemire Loft avec une cravate faite sur mesure chez Marinella à Naples, une chemise Charvet et un jean 501 avec des baskets.

Que pensez vous des 2e lignes des marques de luxe qui attaquent justement ce segment haut de gamme ?
C’est bien… Plus il y a de monde, mieux c’est. J’aime bien See by Chloé, Etoile de Marant, ou des marques comme Vanessa Bruno… C’est bien tous les gens qui font juste. Une marque doit rester sincère, avoir des fondamentaux…

On parle beaucoup de développement durable, est-ce que Loft va se mettre au coton bio ou réduire ses émissions carbone ?
C’est pas hier qu’on a commencé à le faire, cela fait déjà des années. Aujourd’hui, on va développer un programme de développement équitable axé sur l’écologie en partenariat avec le Ministère de l’Industrie. On va être amené à renforcer notre collaboration avec les petits artisans.

......

Vous vous êtes engagé aussi auprès de Paris pour la Paix ?
Pour moi, c’est évident. Une entreprise ne se définit pas uniquement par la masse de produit qu’elle vend, ou les profits qu’elle génère mais par l’engagement qu’elle a. Je ne pourrais pas imaginer l’idée de ne pas m’impliquer si j’ai la possibilité de le faire. C’est pour moi hors nature.

Et pourquoi la paix ?
Attendez, la paix, ce n’est pas un vain mot. Cela s’accroche au cœur de toute l’humanité. A part les fous et les extrémistes, qui n’est pas pour la paix ? C’est évident qu’on veut la paix alors si on a les moyens d’exprimer quelque chose, il faut le faire.

C’est en tout cas un engagement assez exceptionnel pour une marque de prêt-à-porter…
Je ne trouve pas ça exceptionnel. Exceptionnel, ce serait tout vendre et consacrer 100% de ce que vous avez vendu à créer des orphelinats et consacrer sa vie au malheur comme Mère Theresa. Là, c’est en avoir où je pense !
Ce que je fais n’a rien d’exceptionnel, c’est un strict minimum… Je ne m’enorgueillis pas de ça, sincèrement.

Quel est le temps que vous consacrez à Loft ?
24h sur 24, 7 jours sur 7, vous me prenez pour une vieille branche ??

Mais vous voyagez tout le temps, vous me parliez de partir à la Foire de Bâle acheter de l’art, c’est compatible avec votre agenda ?
Je vais vous dire: le talent et la force, c’est de savoir s’entourer. Quand vos collaborateurs sont à la hauteur, vous êtes le coach et les choses avancent. Aujourd’hui, David Frèche s’occupe de tout le développement et de tout ce qui est administratif et financier. Personnellement, je m’occupe de toute la partie artistique. J’ai mon regard sur toute la communication, le merchandising, et toute la partie création des vêtements. Je donne le ton et l’esprit.

......Une oeuvre dans le bureau de Patrick Frèche

Avez-vous envie de présenter votre collection d’art dans vos boutiques ?
J’ai envie de montrer ce que j’ai accumulé aujourd’hui mais de le faire sans esprit mercantile. Je pense qu’une boutique ne serait pas appropriée. Maintenant, il me reste à trouver un lieu et y mettre des peintures, des photos, des sculptures, du design… C’est là où on verra si j’ai su rester cohérent dans mes choix. C’est vraiment un projet qui me tient à cœur.

Que pensez-vous d’internet et des blogs ?
Génial !! Je suis très friand de nouvelle technologie. Je viens d’avoir un Iphone que je ne quitte plus. Internet est un outil de liberté extraordinaire. Il y a une vraie prise de pouvoir des gens. N’importe qui peut techniquement exprimer son opinion. Bien sûr, il faut que cela reste toujours honnête et innocent. Si cela devient politique, je suis moins fan.

Et une appli Ipad pour Loft ?
L’idée de l’Ipad est géniale mais je ne suis pas tellement pour. Ce serait du commercial et ce n‘est pas notre genre. On le fera si on a quelque chose de vrai à exprimer.

Pour finir, vu que vous aimez les mots, quelques explications sémantiques. Que signifie Art is a dirty job, but somebody's got to do it ?
C’est de Bob Zoell. Il faisait des graffitis à Los Angeles dans les années 80 dans la mouvance de Julian Schnabel. J’ai trouvé cette maxime sur un tshirt sublime. Je l’ai repris depuis pour Loft.

L.O.F.T ?
Là Où Freche Travaille

Design by…
You, toi moi, lui, elle…

Merci Patrick Frèche !!!

www.loftdesignby.com



ENTRETIEN : Entretien avec Lady Tornade
Posté le jeudi 29 avril à 08h57

J'ai rencontré Lady Tornade un peu par hasard: un petit encart dans un magazine, une visite sur son site internet et j'ai eu envie d'en découvrir un peu plus sur son univers burlesque et glamour.
Cet entretien parle d'effeuillage, de méthode de fixations de cache-tétons et surtout de paillettes. Âmes sensibles s'abstenir...



Bonjour Lady Tornade, peux tu te présenter aux lecteurs du blog ?
Je m'appelle Lady Tornade, de mon vrai nom Delphine. Je suis graphiste dans une agence de publicité à Paris et en parallèle, j’ai créé ma boutique en ligne de pasties (des cache-tétons) et de bijoux burlesques.

Comment as-tu commencé cette aventure ?
J’ai toujours aimé les comédies musicales, le cabaret, le crazy horse, les paillettes, j’adore. Je suis tombé un peu par hasard dans une soirée burlesque et j’ai vraiment eu un déclic. J’ai eu envie de faire partie du milieu, d’y participer comme je peux.
Alors j’ai voulu créer un univers pin-up rockabilly autour du personnage de Lady Tornade. Au départ, c’était vraiment un projet photo où je mélangeais mon univers pin-up à mes compétances graphiques en m'inspirant des scénographies de Pierre et Gilles ou encore David LaChappelle. Un jour, pour les besoins d’une photo, il me fallait des pasties et je n’arrivais pas à en trouver qui me plaisaient. Du coup, je me suis dit, je sais coudre, je vais en faire moi-même et quitte à en faire, autant qu'ils sortent de l'ordinaire ! Ensuite, cela a été très vite. Des filles m’ont demandé si je pouvais faire d’autres modèles et de fil en aiguille j’ai monté ma boutique.

A quoi servent les pasties ?
À l'origine, c'est pour l’effeuillage burlesque. Cela couvre une petite partie du sein mais qui est essentielle. On se sent vraiment habillé en pasties alors qu’en fait on ne cache pas grand-chose.

Quand tu parles d’effeuillage, est-ce que c’est du strip-tease ?
Cela n’a aucun rapport. Pour un effeuillage lors d‘une soirée burlesque, la fille va concevoir son costume, son numéro, il y aura souvent des scènes comiques. L’acte lui même n’est pas pour draguer, c’est pour se sentir femme, s’exprimer… Dans un effeuillage, la femme est en position de force, ce qui est l’inverse d’un strip-tease.
Et puis il n’y a pas de stéréotypes, n’importe quelle fille peut décider d’en faire si elle le veut.


Quelles sont les soirées burlesques à Paris ?
Il y en a énormément à l’étranger, notamment aux Etats-Unis ou à Londres. A Paris, ça commence à bouger. Les soirées burlesques sont assez jolies à voir. Les filles sont très apprêtées, maquillées à l’ancienne avec des bas coutures…
Il y a plusieurs styles de soirée. Il y a le burlesque traditionnel à la Dita Von Teese avec les plumes, les très beaux costumes. Tu trouveras par exemple les soirées de Gentry de Paris.
Après, il va y avoir le burlesque un peu plus moderne, le new-burlesque, plein d’humour, un peu plus rock, comme les soirées Glitter Fever de Miss Glitter Painkiller. Tu me trouveras plus dans ce genre de soirées. Je suis moins plume, je suis plus petits pois et paillettes.

Est-ce que le public est plutôt masculin ou féminin ?
Le public est très féminin. Souvent, les hommes viennent pour accompagner leur copine.

Tu proposes aussi des bijoux sur le site…
J’ai commencé par les pasties, les bijoux sont venus plus tard lorsque des filles m’ont demandé les même motifs à paillettes en barrette ou en collier. Cela me permet de toucher un public plus large.

Comment accroches tu les pasties ?
C‘est souvent une source d‘inquiétude. Bien sûr, ce n’est pas pincé ou agrafé. Cela tient avec de la colle à postiche. Ça tient parfaitement et quand tu enlèves, cela se défait doucement.

Qu’est-ce qui marche le plus ?
Indiscutablement les pasties. Au début, ce sont des filles du milieu burlesque qui en ont acheté puis de plus en plus, des femmes pour un usage privé. Et puis je vois quelques femmes qui vont porter ça sous un vêtement transparent à la place du soutien gorge. Je crois que cela vient un peu de Lady Gaga.
En terme de motifs, les best-sellers sont les nœuds roses et les cerises.
Ensuite, ce qui marche énormément, ce sont les personnalisés. On peut me commander n’importe quel motif et je le réalise à la demande.

Combien coûte une paire de pasties ?
Les modèles les plus simples sont à 30€, les modèles personnalisés sont à 60€.
Il faut comprendre que je couds tout à la main, paillette par paillette. Une paire prend en moyenne 2h30 à faire, donc je ne me fais pas de marge. Pour le moment, c’est un loisir avant tout.

Tu parles beaucoup de photographie sur ton site, notamment les photos des Etats-Unis de Stephen Shore, est-ce que ces références sont importantes pour toi ?
La photographie est une autre de mes passions. Ce que j’aime chez Stephen Shore, c’est la lumière incroyable et le sujet photographique: une amérique perdue des années 70. Paradoxalement j'ai une certaine nostalgie de cette époque que je n'ai pourtant pas connue.

Tes photos avec leur fond pop ont un côté un peu kitsch…
En effet, c'est assorti avec mes mises en scènes souvent humoristiques ou d'un coquin désué. Les premières séries de photo ont été faites chez moi avec en fond mon mur et mon parquet. J’ai tout détouré et ajouté des fausses ombres. Pareil pour les objets, que ce soit le fer à repasser ou la bouée, je les ai ajoutés après. En fait, je n’ai rien dans la main. C’est du bricolage, qui donne un look un peu décalcomanie que j'aime beaucoup.
Maintenant, j’ai un petit home-studio, qui rend les choses plus faciles !

Qui prend les photos ?
C’est mon copain qui prend les photos. En fait, on est deux derrière le personnage. Il est mon photographe et un peu mon manager. Il m’aide beaucoup surtout dans les périodes un peu difficile.


Tes adresses burlesques à Paris ?
Il y en a pas beaucoup. Je recommanderais la boutique de Mademoiselle Vegas, rue Charlot. C’est vraiment un univers pin-up et très rockabilly. Ensuite, je pioche un peu partout.

Tu voudrais travailler sur ton projet à plein temps ?
Dans quelques années... Je voudrais créer une marque de vêtements pin up, avoir ma boutique, surtout qu’il n’y a pas une grande offre à Paris alors que je suis sûre qu’il y a une demande.

Est-ce que c’est facile de concilier la vie de Delphine et de Lady Tornade ?
Ce n’est pas facile tous les jours. Je ne montre pas mon personnage de Lady Tornade mais je ne m’en cache pas. J’assume complètement mes photos.
Lorsque mon agence n’était pas au courant, j’avais un peu peur de leur réaction si ils l‘apprenaient. C’est arrivé tout seul mais j’ai eu de la chance, ils ont très bien compris et ont apprécié. Cela m’a même plutôt ouvert des portes car cela a mis un peu en valeur ma créativité. La pub, c’est tout dans l’image donc si tu es capable d’en créer une, c’est bien pour toi.
Au final, le plus difficile est l’organisation du travail. Je ne dors pas beaucoup…

Merci Lady Tornade !!!


Plus d'info sur www.ladytornade.com



ENTRETIEN : Entretien avec Vanina Escoubet
Posté le lundi 19 avril à 08h46

Après deux ans passés dans le Marais sous le nom Please Don't, Vanina Escoubet a installé sa boutique au coeur de SoPi (South Pigalle pour les anglophones), le nouveau quartier qui monte...
Dans ce nouvel écrin, elle présente ses collections à l'allure romantique, cotons légers et imprimés fleurs ou vichy, et une sélection de maroquinerie et de bijoux.
J'ai profité de ce nouveau départ pour rencontrer Vanina.



......


Peux tu nous présenter ton parcours ?
J’ai fait des études de designer textile à l’Institut Supérieur d’Arts Appliqués. Après ma sortie en 2002, j’ai fait quelques petits stages dans des bureaux de style puis j’ai commencé à coudre chez moi. J’ai alors essayé de vendre mes vêtements d’abord dans des petites boutiques puis dans des salons de créateur et c’est comme ça que Please Don’t a commencé.
En 2007, j’ai ouvert une première boutique atelier rue de Picardie dans le 3e, et en 2010, j’ai déménagé rue Henry Monnier en reprenant le nom de Vanina Escoubet.

Pour quelles raisons voulais tu changer de nom ?
Au départ Please Don’t était parti d’une blague, donc que je ne voulais pas me le trainer pour toujours. Et techniquement, je l’avais mal déposé à l’INPI, donc cela pouvait devenir compliqué.

Pourquoi ce déménagement ?
Principalement parce que je voulais m’agrandir. Je ne suis pas sûr que le Marais soit le meilleur calcul qu’il soit, il y a déjà beaucoup de petits créateurs et les loyers sont élevés.
Ici, c’est un quartier très commerçant, il y a la rue des Martyrs pas loin. C’est un grand mélange sympa, d’un côté tu as Pigalle, vers Abbesses tu trouveras les touristes et ici tu trouveras pas mal de commerçants, de vieilles brocantes, de petits magasins de vêtements. Tout se mélange assez bien.

Certains me disent comme toi que le Haut Marais est surévalué notamment la rue Charlot…
C’est assez vrai. La rue Charlot a une très belle offre, mais il n’y a pas de trafic. Ce n’est pas une rue agréable, tu es bloqué dans un grand couloir entre des files de voitures.
Rue de Picardie, il y avait encore moins de monde, tu peux imaginer…

Est-ce que tes clientes t’ont suivi ?
Je suis ravi de voir que certaines m’ont suivi ici. Au final, je me suis aperçu que beaucoup de mes clientes ne venaient pas du 3e, et venaient dans le Marais pour me voir.
Et j’ai acquis de nouvelles clientes de quartier.

......

Ta boutique est également un atelier...
Oui, c’est mon outil de travail principal. Je fais toute la création, mais je peux également faire des retouches ou de la demi-mesure. Je peux décliner des modèles de la collection selon les envies de la cliente. Par exemple, j’ai chiné beaucoup de dentelles en brocante et cela permet de créer des modèles complètement uniques. C’est la même chose pour les boutons. J’achète aussi beaucoup de coupons de tissus qui me permettent de faire une robe ou deux à la demande.
Je fais un tout petit peu de robes de mariées, mais il faut vraiment un feeling avec la personne sinon cela ne marche pas.
J’aime beaucoup la demi-mesure, c’est un rapport à la cliente qui est différent car on la voit plusieurs fois, on a vraiment le temps de faire connaissance.

Où fais tu fabriquer tes vêtements ?
J’ai un petit façonnier dans le 10e qui fait des assez petites séries.

Avec tes prix, ce n’est pas exorbitant ?
Oui, c’est difficile. Je fais de toutes petites marges, et je ne peux pas faire beaucoup de vente en gros.
Cette saison, j’ai testé quelques pièces en Pologne et je suis assez content du résultat.

Mais tes clientes ne sont pas attachées au Made in Paris ?
Un peu, mais je ne suis pas assez haut de gamme pour me permettre des prix élevés. Je suis persuadé qu’au final la cliente préfère que ce soit moins cher et pas fabriqué en France.

......

Tu as un style résolument romantique…
Très romantique, vintage, un peu rétro. Je pars beaucoup de vêtements chinés que je trafique un peu. Donc forcément, cela se ressent.
Mais tu trouveras aussi une inspiration de vêtements d’homme sur les chemisiers.

Comment penses-tu tes collections ?
C’est vraiment une boutique de copine, je prends ce qu’on me dit. Et puis j’ai mes propres envies de vêtements. C’est vraiment des envies de pièces. Cela se construit comme ça un peu brique par brique.

Tu vends aussi d’autres créateurs ?
J’ai beaucoup de bijoux de plusieurs créateurs, un peu de maille et de tshirt de Charlotte Sometime, la petite maroquinerie d’Anemie, une fille de Roubaix. Souvent ce sont des gens que j’ai rencontré sur les salons. J’aime beaucoup trouver des créateurs pas trop diffusés, créer de l’originalité.

Qu’est ce que t’as appris l’aventure Please Don’t ?
Tout ! J’ai commencé de zéro, j’ai appris à dessiner des modèles, acheter les tissus, trouver les réseaux de production, les premières boutiques. C’est avec Please Don’t que j’ai lancé mes premiers modèles phares que je suis encore à chaque saison. Il y a un style qui s’est mis en place, Vanina Escoubet est vraiment la continuité.

Comment est ce que tu communiques sur tes créations ?
Beaucoup sur les blogs, c’est moins facile avec les magazines, mais j’ai eu un très bel encart dans le Elle.

Et l’avenir ?
J’aimerais beaucoup travailler sur l’homme, au moins pour une silhouette.
Par contre, je ne me vois pas ouvrir une 2e ou une 3e boutique. Je voudrais plutôt développer la vente en gros. Tu me trouveras actuellement chez Matières à Réflexion dans le 3e, My Family rue Mayet, L’Oeuf rue de Fleurus ou aux Fées de la Création à Toulouse. J’ai aussi deux boutiques en ligne qui arrivent bientôt.

Tu arrives à vivre de tes créations ?
Maintenant oui, j’ai démarré il y a 2-3 ans donc cela commence à bien marcher.

Merci Vanina !!

......


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Boutique-Atelier Vanina Escoubet
1, rue Henry Monnier - Paris 9
Tél. : 01 42 74 31 42
M° Pigalle ou Saint-Georges
Ouvert de 11h00 à 19h30 du mardi au samedi.
www.vaninaescoubet.com



ENTRETIEN : Entretien avec Fabien Larchez, créateur de Meilleur Ami Paris
Posté le jeudi 25 mars à 10h18

J'ai découvert Meilleur Ami lors de mes passages réguliers à la librairie Ofr. Ses sacs et ses écharpes sont les seuls accessoires proposés par cette boutique à l'avant garde de la mode. Pas étonnant, ils sont simples et beaux, dans des matières souples et naturelles impossibles à résister. Très larges et fonctionnels, ils s'avèrent pratique pour tout fourrer et se portent tant à la main, qu'à l'épaule ou en travers du corps. Idéal pour ceux qui courent du matin au soir...
En préparation de mon vernissage du 30 mars, j'ai eu l'idée folle de contacter son créateur pour voir si il pouvait nous offrir un sac pour un concours de look. Il a tout de suite été emballé par l'idée !
Alors, en attendant de vous montrer le sac en vrai, je voulais vous présenter Fabien Larchez, créateur de la Meilleur Ami Paris.


Fabien Larchez Meilleur Ami Paris


Peux-tu présenter ton parcours ?
J'ai une vingtaine d'années d’expériences dans la mode à des postes différents. J'ai commencé comme attaché de presse puis je suis devenu directeur de la communication. J'ai notamment travaillé avec Alber Elbaz lorsqu'il est arrivé chez Guy Laroche. Ensuite, j'ai travaillé comme merchandising amont dans les grands magasins parisiens. J'ai d'abord travaillé sur les marques propres puis au développement de nouveaux concepts de vente en liaison avec les acheteurs, les commerciaux, les architectes… Je me suis notamment occupé du Lafayette VO puis du BHV Homme. C’est en travaillant sur ce projet que je me suis dit qu'il y avait vraiment quelque chose à faire sur l’homme, en réfléchissant à la manière dont il aborde la mode, le style, le look, la manière dont il va consommer…

D’où ton idée de créer des sacs pour homme…
J’ai toujours utilisé beaucoup de sacs. Lorsque j’étais étudiant en Art appliqué puis en design, il me fallait des grands sacs pour contenir toutes mes affaires. J’ai un peu tout fait : la recherche de vintage, les déstockages de l'armée, quelques pièces chez la femme, et même certains sacs bricolés… Un jour, j'ai fait réaliser un prototype qui symbolisait mon sac idéal. C'est comme ça que cela a commencé, en liant l'envie de lancer quelque chose pour les hommes et de le rattacher au sac qui est l'accessoire qui me touche le plus.

Tu définis Meilleur Ami comme une maison d’édition, qu’est ce que tu veux dire par là ?
J’ai toujours voulu créer quelque chose de plus général : une maison qui puisse non seulement servir à éditer mes propres créations mais aussi grâce à son savoir faire à travailler pour d’autres créateurs. Aussi, je dis souvent que Meilleur Ami est plus une maison d'édition qu'une marque.


Quelle est l’ADN de Meilleur Ami ?
Le but de Meilleur Ami, c'est d’éditer des accessoires/objets pratiques, faciles, jolis, et qui bénéficient d’un savoir faire un peu particulier. Quand tu vois le sac ou l'écharpe, c'est quelque chose qui coule de soi, qui n'est pas prise de tête, pas du tout m'as tu vu.

Il y a un côté très utilitaire dans tes créations…
Oui, il y a un peu de ça. L'homme a une démarche très pragmatique lorsqu’il s’achète un sac. Il faut qu’il soit suffisamment grand pour mettre ses affaires, qu’il puisse l’utiliser facilement dans les transports, en vélo, dans la vie de tous les jours… Mais je fais attention à garder une part de féminité dans l'utilisation de matières assez précieuses, ou de cuirs que je détourne un petit peu de leur utilisation d’origine.

Quels sont les produits que tu édites ?
J'ai un sac qui s'appelle le Meilleur Ami N°1 que je décline à chaque édition (je travaille en terme d'éditions plutôt qu'en saison). A partir de cet été, je sors plus de bimatières avec une toile un peu militaire ou des effets bicolores. J'ai travaillé aussi sur de la chèvre un peu brillante. J’utilise toujours des cuirs soit complètement végétaux, soit semi végétaux ce qui donne au sac une vraie patine. De l'autre côté, en accessoires, il y a l'écharpe, que j’appelle la 080 de par son portée comme un snood (tu fais un 0, un 8 puis un 0). Le snood vient à l’origine de Scandinavie. Je le travaille en différentes matières, soie, coton, lainage, cachemire... et en toutes petites quantités, de 3 à 12 pièces.

Quel est le prix des sacs ?
Les sacs sont entre 400 et 450€ euros. Il n'y a pas de grosse différence de prix entre la toile et le cuir car il y a beaucoup de savoir faire.

Pour les sacs aussi tu travailles en quantités limitées…
Je fais toujours des très petites quantités pour avoir ce côté un peu exclusif. En moyenne, il y a 150 exemplaires par sac, mais tu trouveras des plus petites quantités sur certaines éditions.


Tu n’as pas de problèmes pour faire produire d’aussi petites quantités en France ?
C'est compliqué, mais cela l'est devenu un peu moins avec la crise, car les fabricants ont été obligés d’accepter de travailler sur de plus petites quantités. Il y a beaucoup de refus, mais j’ai trouvé un fournisseur passionné qui aime le produit. Depuis, je n’ai plus de problème. Sur le tissu, c'est plus industriel donc les minimums sont plus hauts. Mais j'ai réussi à les convaincre de faire de toutes petites quantités. Le fait de travailler au cœur de leur savoir faire les a vraiment intéressés.

Est-ce que le Made in France est un argument de vente ?
Oui et non… Cela l'est de plus en plus, mais le Made In ne suffit pas, il doit y avoir une justification derrière. Avant de voir le drapeau à l’intérieur ou le Fabriqué en France sur le côté, les clients regardent le sac pour ce qu’il est, pour son look et sa qualité. Personne ne m'achète de sac en me disant que c'est fabriqué en France. Mais aujourd'hui, dès que les clients le découvrent, il y a un petit up, cela permet de justifier un peu plus le prix, mais cela ne fait pas 100% de la vente.
Le contraire est par contre rédhibitoire, tu ne peux pas faire du Made in China à ce prix. Les hommes me disent qu'ils veulent savoir d'où ça vient.

Tu prototypes les sacs toi-même ?
Je travaille avec les volumes, comme pour un vêtement. Mais après il y a beaucoup de détails techniques que je mets au point avec les fabricants. C'est tout l'intérêt de travailler en France : en 3 heures, je peux aller les visiter.

Est-ce que tu vas sortir un nouveau modèle ?
Oui bien sûr, je travaille sur quelque chose de beaucoup plus différent. L'idée est vraiment de travailler par modèle et non pas par gamme avec un petit, un grand... Ce sera le Meilleur Ami N°2 mais il est encore trop tôt pour t’en dire plus.

Où es tu distribué ?
Sur la saison d'été, je dois avoir entre 15 et 20 points de vente. Je marche bien aux Etats-Unis, je suis chez Bergdorf Goodman, je vais rentrer chez Steven Alan. Je suis chez Lane Crawford à Hong Kong. En France, je suis chez Ofr et je vais rentrer temporairement au Bon Marché pour l’Esprit Factory puis pour l’hiver avec des écharpes. Et puis tu me trouveras aussi à Copenhague, Genève, Tel Aviv, Los Angeles, Tokyo, en Corée, en Grèce... Je me dis que dans un premier temps c'est pas mal…


Et pour l’avenir ?
Je veux développer une boutique en ligne et aussi travailler sur des concepts de pop-up store, ce qui rejoint mon ancien coeur de métier. Pour Meilleur Ami, c'est vraiment ce que je vois de mieux...

Quelle est ta clientèle ?
J’ai vraiment 2 clients : les hommes bien sûr qui voient très rapidement ce qu’ils vont pouvoir en faire, et les femmes qui craquent aussi, même si elles le trouvent parfois trop grand. Ceux qui l'ont adopté, même les femmes me disent qu’il est super pratique, tu peux le porter à la main, sur l'épaule, à vélo... J’ai même des femmes qui m’ont dit avoir jeté tous leurs autres sacs.
Sinon, j’ai vraiment des adeptes, Christian Lacroix m'en a pris 3 ou 4.

Est-ce que les sacs pour homme sont une tendance de fond ?
Il y a 2 ans, je t'aurais dis oui oui oui, mais là, cela s'essouffle un peu. C'est parti un peu trop vite et dans tous les sens. Pour un homme urbain, c'est nécessaire... La plupart vont utiliser le Manhattan Portage ou un Eastpack. Mais c’est dommage de se limiter à ça. Maintenant pour homme, tu vas trouver un grand déballage de produits moyens dans les rez de chaussée des grands magasins. Il y a donc toujours de la place pour des créateurs, à condition que les hommes franchissent le pas.

Est-ce que tu gagnes de l’argent ?
Non, ce ne sera pas pour cette année, j'espère l'année prochaine... Cela se dessine pas trop mal et plus rapidement que ce que je pensais.

Merci Fabien !!




ENTRETIEN : Entretien avec Delphine Murat
Posté le jeudi 28 janvier à 08h56

J'ai découvert Delphine Murat dans un magazine de mode, il me semble que c'était le WAD. J'ai été interpellé par sa patte sportswear, ses matières techniques et son idée de présenter ses créations aussi bien sur des hommes et que sur des femmes. Des leggings pour homme ? Et pourquoi pas, après tout, les russes dont on ne peut nier la virilité portent bien des collants en laine...
J'ai rencontré Delphine Murat dans son studio de la rue St Roch pour découvrir un peu mieux son travail.


Peux tu nous parler de ton parcours ?
J’ai créé ma marque en 2000, cela fait maintenant 9 ans. Côté formation, j’ai étudié au studio Berçot où j’ai fait des stages chez Martine Sitbon, Thierry Mugler et Givenchy à l’époque de McQueen. Mais la mode était vraiment une passion : avant tout ça, je savais déjà coudre, j’habillais toute ma famille et mes amies. Mais j’ai toujours eu une nature entrepreneuse, je savais que je voulais monter ma boite.
J’ai aussi fait des études de lettres et de droit, parfois j’ai l’impression que cela m’a retardé, d’autres moments je me dis que c’est bien d’avoir un background un peu plus structuré. Il faut avoir la tête sur les épaules pour diriger une entreprise. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement du créatif, le milieu est devenu tellement une source de business que c’est devenu plus que carré.

Comment s’est passé le démarrage ?
J’ai débuté en jeune créateur à l’époque avec des collections, des défilés, de la presse… Les retours étaient bons, mais il y avait une certaine fragilité : une saison peut marcher très bien mais la saison d’après peut complètement capoter.
En 2005, j’ai évolué sur le legwear avec la création de la minisock ce qui a permis de stabiliser un peu le chiffre d’affaires. Chez les créateurs, il est devenu très difficile de se battre du fait de la main mise des groupes sur la création. Là où on se fait remarquer, c’est grâce à des produits singuliers, innovants, rares… Le legwear est encore un endroit où il y a peu de monde.


Quelle était l’idée derrière la minisock ?
La minisock, c’est vraiment une idée simple : c’est un accessoire de chaussures, issu de la chaussette. Il est là pour mettre en avant le pied et l’accessoiriser. C’est transformer un truc un peu vieillot en quelque chose d’esthétique…
On l’a montré à la presse avant de le commercialiser. Le ELLE l’a mis sur internet et on a eu tout de suite énormément de réactions sur le produit. En 3 saisons, on a fait 400 points de vente dans le monde, contre une quarantaine avant. A son apogée, on en a vendu 20 000 par an. Ce succès immédiat a été très difficile à gérer, j’ai du arrêter le prêt-à-porter pendant 3-4 saisons. Maintenant, on essaye plutôt de passer en licences.

Est-ce que cela ne vous a pas réduit à un rôle de marque d’accessoires ?
Au final, cela a joué en positif pour la marque. En tant que designer, on est confidentiel alors que sur un produit grand public, on a eu tellement de presse qu’on commence à nous connaitre. Cela m’a permis de créer une ligne Sport et de relancer le prêt-à-porter depuis quelques saisons.
Actuellement, je touche des acheteurs Hosiery/Intimate , Sport et aussi prêt-à-porter. Et j’ai même une acheteuse de chez Tsum qui nous a demandé de décliner la ligne Sport en taille enfant de 6 à 16 ans… Cela fait encore un pôle de développement possible.


Qu’as-tu appris en travaillant avec Alexander McQueen ?
J’adore travailler avec les anglo-saxons. Ils sont naturels, spontanés, ils sont manuels… Martine Sitbon ou Mugler étaient dans leur bureau, ils parlaient beaucoup mais mettaient rarement la main sur le produit. McQueen, il peut aller directement monter une pièce sur une fille. Le rapport aux choses est plus simple, plus direct. J’aime aussi beaucoup les petites structures pour cela.

Est-ce que tu travailles sur le même calendrier que les autres maisons de mode ?
On démarre la saison en précollection avec l’intimate, ensuite je présente le sport et le prêt à porter global en mars. Les créations Printemps-Eté sont présentées en juillet et octobre.


Il y a toujours un côté très sportswear dans tes créations...
Je dirais confort en fait. Avec l’émergence du streetwear, on a eu un espèce de lien créé entre le sport et le prêt à porter. Mais nos vêtements ne sont pas à proprement parler du streetwear, ce sont des vêtements esthétiques, chic et surtout confortables.
En termes de matières, je fais beaucoup de jersey, mais tu trouveras aussi du chaine et trame. Là où on se différencie vraiment c’est sur la ligne Sport. C’est un peu comme du high-tech en prêt à porter. Sur la collection automne-hiver, on a décidé de ne pas surjeter. Le but est de coller près du corps. J’utilise de l’indémaillable et à long terme, je voudrais faire des découpes laser ou des coutures soudées. Cela donne un esprit plus couture, plus moderne…

Quelles sont tes inspirations pour tes collections ?
J’ai des pistes d’inspiration dont je m’imprègne sans être forcément méthodique, c’est vraiment pour l’idée. Je choisis toujours les matières et les coloris en début de saison. Ensuite, je passe au patronage directement puis une personne me monte les prototypes en interne. J’ai un côté très manuel et empirique… Je ne fais pas de sketchs préliminaires ou de plan de collection. Sur le créatif, je me fais confiance, j’ai toujours un esprit qui rebondit.
Ce n’est pas très structuré comme système de fonctionnement, même si à la fin il y a une certaine cohérence.


Comment réalises tu la production ?
Elle se fait principalement en Pologne, mais c’est très lourd pour une petite structure, d’autant plus qu’on doit toujours avancer les frais de production. On est en deal permanent, on bataille pour trouver de la trésorerie…

Est-ce que tu fais encore des défilés ?
J’ai arrêté les défilés à l’Automne-Hiver 2008 : pour une petite structure, cela coûte très cher. On attend de nous qu’on soit fort comme les grands alors qu’on a des moyens de petit. Si on peut faire des dépenses supplémentaires, je préfère les faire sur l’accompagnement produit, le packaging…

Quelle est la cliente de Delphine Murat ?
On a à la fois un produit qui peut être hyper fédérateur comme du legging ou la minisock, et une clientèle beaucoup plus niche sur le prêt à porter. En termes d’âge, on touche vraiment tout le monde. D’ailleurs on n’a pas de cible d’âge, on a plus une cible mentale, des gens qui cherchent des produits innovants, qui veulent se différencier des grandes marques…


On trouve dans tes créations certains produits portés par des hommes, est ce que c’est quelque chose qui te tient à cœur ?
Je trouve que tout ce qui est leg ne devrait pas être connoté uniquement féminin. Dans l’histoire les hommes ont porté des collants, des grenouillères… Sur la partie legwear-intimate, un homme pourrait porter un legging sous son pantalon l’hiver, c’est ce qui se passe dans les pays très froid. Beaucoup d’hommes y mettent des collants. Les débardeurs sont aussi complètement unisex.
Mais il y a encore un petit verrou psychologique…

Quels sont tes points de distribution ?
Actuellement, nous devons avoir entre 60 et 80 points de vente. J’ai beaucoup de multimarques et on nous trouve aussi dans les corners Sport ou Smart Design des department stores, à côté de Puma par McQueen, Adidas par Stella McCartney ou Moncler.

As-tu souffert de la crise ?
On n’a pas trop souffert car on est vraiment un produit de niche. Bien sûr, tout a été lent pendant une année mais le redémarrage est intéressant. En précollection Automne-Hiver, on a une trentaine de rendez vous avec des grands noms comme Selfridges, Browns, Gregorys, Galeries Lafayette, Harvey à Dubai, Tsum… Il y a déjà des clients et aussi de nouveaux prospects. Sur les Etats-Unis, on est en deal avec Bloomingdales pour un lancement produit, mais l’euro joue en notre défaveur. On est obligé de brader les prix pour pouvoir entrer sur ce marché.

As-tu pour projet d’ouvrir une boutique ?
Le retail, c’est pas notre truc. Notre métier c’est créer un produit, le produire, le mettre en avant mais le retail c’est une toute autre logique. On vend par contre sur internet.


Où te vois tu dans 5 ans ?
Dans 5 ans, on sera déjà une multinationale ;-) Plus sérieusement, on va continuer à travailler comme on le fait depuis presque 10 ans. Le legwear et l’intimate seront un facteur de développement important, peut être aussi en licence. Mais on aura aussi besoin de gens qui investissent sur nous. Nous sommes déjà en discussion avec des acteurs potentiels.

Est-ce que tu gagnes de l’argent ?
Non… Je te le dis direct. On a les salaires, des charges, les frais de production, on dépense tellement en innovation que ce n’est pas possible… On avance quand même, à chaque année, le CA croit mais les dépenses croissent de la même façon.
J’ai l’impression qu’en développant bien le legwear, on pourrait créer un tapis de trésorerie. En termes de fabrication, le volume permet de baisser les coûts de production.
Aussi, je dis souvent à mes collaborateurs : moi ce que je vous offre, ce n’est pas un travail, c’est une aventure professionnelle… Le salaire est pas terrible, mais vous allez vous éclater… ;-)

Justement, comment choisis tu tes collaborateurs ?
Il faut être multitâche, spontané, dynamique, réactif, ouvert… Je prends après un peu tous les profils. On est entre 6 ou 7 personnes actuellement.
Mais dans les quelques personnes qu’on a essayé de recruter qui viennent de grandes maisons, cela ne marche pas. Quand on a bossé pendant 10 ans dans un groupe comme LVMH, on a du mal à retomber dans le fonctionnement des petites structures, de voir tout le cheminement de A à Z du produit, de devoir tout gérer en même temps…

Est-ce que tu regardes les blogs de mode ?
Honnêtement non, je ne lis pas grand-chose en mode. Je suis débordé. J’achète des tonnes de magazines puis je les mets sur la table et ils y restent….









Delphine Murat
Studio Delphine Murat
21 rue St Roch, Paris 1er
En vente à Paris au Printemps, Bon Marché et chez Rodolphe Menudier
Site: www.delphinemurat.com



ENTRETIEN : Entretien avec Philippe Alvergne
Posté le mercredi 13 janvier à 08h54

Avec son compère Aurélien Tremblay, Philippe Alvergne a créé la marque Tremblay Alvergne, des vêtements pour homme à la qualité et aux matières irréprochables dans un style moderne et intemporel. Le vestiaire masculin parfait... Alors qu'Aurélien continue son parcours chez Balmain, Philippe reprend la marque sous son nom avec une première collection Eté en solo.
J'ai rencontré Philippe dans sa boutique de la rue du Perche dans le Marais. Bien sûr, vous me connaissez, je n'ai pas pu repartir les mains vides... et je n'ai pu m'empêcher de lui acheter une superbe veste croisée en laine. Ces entretiens sont décidément très mauvais pour mon porte monnaie ;-)


Peux-tu nous parler de ton parcours ?
Cela fait 25 ans que je travaille dans le milieu de la mode. J’ai commencé comme modéliste freelance pour la couture et le prêt-à-porter. J’ai travaillé pour Dior, Lagerfeld, Chloé… C’était la grande période où Karl Lagerfeld était chez Chloé. Chez Dior, c’était Gianfranco Ferré, un grand monsieur, c’était génial de travailler avec lui. En 1995, j’ai lancé mes propres collections femme sous le nom Philippe Alvergne. Je faisais principalement des blousons en soie que je diffusais sur la Côte d’Azur et en Europe. J’ai alors rencontré Vanessa Bruno. J’y ai passé 8 ans comme directeur de collection : je dirigeais l’atelier, les collections, le studio...
J’ai fait ensuite un petit passage chez Paule Ka à la direction technique. Mais j’ai rapidement eu envie de repasser à la création. C’est alors qu’on a eu l’idée avec Aurélien Tremblay de lancer notre marque pour homme. On a créé nos premières collections en janvier 2007 sous le nom de Tremblay-Alvergne.

Quel est le style de tes collections ?
C’est toujours difficile à définir… A la base je fais des vêtements que j’aurais envie de porter. Quand je prends un vêtement le matin, je ne veux pas me poser de question. Je veux un vêtement qui va avec tout, mais qui en même temps n’est pas un vêtement banal.
En collection, cela donne des basics avec des coupes plus modernes et de très belles matières. Je vais choisir soit des matières qu’on n’utilisait plus comme le Harris Tweed, soit des matières moins courantes comme le coton japonais. On prend vraiment les matières à la source : du denim du japon, du tweed d’Ecosse...

Tu as beaucoup travaillé pour la femme, notamment avec Vanessa Bruno. Tu n’as pas eu envie de lancer une ligne femme ?
Non, chez la femme, j’ai toujours eu une spécialité sur les vêtements structurés. Cela fait longtemps que je voulais travailler pour l’homme.

Il y a sans doute plus de place pour une nouvelle marque chez l’homme…
Tout à fait, le marché de la femme est très saturé. Je trouvais qu’il y avait des choses à faire pour l’homme.
Dans cette niche haut de gamme à des prix raisonnables, il n’y a pas encore grand monde.

Quelles sont les différences entre la clientèle féminine et masculine ?
Il y a un comportement très différent. Ce qui m’a marqué le plus, c’est cet œil que l’homme a sur la qualité et les finitions. La clientèle féminine va travailler au coup de cœur. Elle va plus être sur l’allure, sur un effet mode... La clientèle masculine est plus attachée à la qualité, aux matières, ils regardent les finitions.
Et surtout, la clientèle masculine se fidélise beaucoup plus facilement. Si un homme trouve une marque qui lui parle, une belle veste ou un pantalon qui va avec sa silhouette, il va revenir.


Où réalises tu la production ?
A part la maille, tout est produit en Europe : Portugal, Italie, un peu de France. Je fais faire les pièces à manches en Europe de l’Est où ils ont un très bon savoir faire.

Où es tu distribué ?
Sur Paris, tu as bien sûr la boutique et le Bon Marché. Tu peux acheter aussi en ligne sur Studio Homme. J’ai aussi une quinzaine de points de vente en France, notamment dans le Sud. Et puis je suis vendu aux Etats-Unis, en Corée, au Japon, à Hong Kong, à Moscou…

Une boutique est importante pour la marque ?
Très vite, nous avons eu l’envie d’avoir une boutique pour le désir de rencontrer la clientèle, comprendre leurs attentes et leurs désirs. Et une boutique reste une vitrine pour la marque.

On voit beaucoup de marques qui se sont développés chez la femme avant de lancer des collections pour homme. Est-ce que c’est facile de faire une marque uniquement masculine ?
C’est effectivement plus difficile… Pour l’homme, tu as beaucoup moins d’outils de communication comme les magazines féminins. Souvent beaucoup de gens me disent que je devrais faire une petite ligne femme pour pouvoir communiquer plus facilement.
Cette année, j’ai eu un bel encart sur le Vogue Homme International, mais aussi dans Tetu ou Le Figaro. Cela fait vite boule de neige. Je sens depuis 3-4 mois qu’il y a de plus en plus de buzz autour de la marque. J’ai de nouvelles boutiques qui m’appellent.
Pour réussir, il faut plus de presse et surtout développer les réseaux de distribution. En janvier, je vais participer au Tranoï. Il y a de belles boutiques pour homme partout, il suffit de pouvoir y entrer.

Tu ressens la crise ?
Sur la diffusion à l’international un peu, sinon la boutique marche bien.

Où te vois tu dans 5 ans ?
Sur un petit nuage.

Il semble que pour tous les créateurs indépendants, il est difficile d’être rentable…
Oui, c’est vrai les débuts sont difficiles mais maintenant que la marque est plus établie, je suis plutôt confiant.

Après 25 ans dans le milieu, comment analyses tu l’évolution du secteur de la mode ?
La période des années 80 et 90 a été une grande période pour les créateurs de mode, qui s’est calmée dans les années 2000.
Mais on sent maintenant une émergence de nouveaux créateurs. Il y a un vrai frémissement à Paris.
Je crois aussi beaucoup à un retour de la patte française. Les italiens ont dominé la mode, mais en même temps, elle a un côté très industrielle. Chez les français, il y a une patte plus artisanale, il y a plus de corps, c’est plus rond. Les clients apprécient cela.

Est-ce que tu regardes le travail d’autres créateurs pour homme ?
J’avoue que je regarde peu. Aujourd’hui, j’aime beaucoup Bottega Veneta ou Lanvin… mais je suis un peu de la vieille école. J’adore la Maison Martin Margiela ou ce que faisait Helmut Lang.

Tes adresses shopping à Paris ?
Je vais à la boutique Margiela ou à l’Eclaireur. J’aime aussi Melinda Gloss pour son concept de boutique appartement. Ils sont diffusés aussi chez Studio Homme. Mais depuis que j’ai ma marque, je ne fais plus trop de shopping.

Que penses tu des blogs de mode ?
Je les regarde régulièrement. J’ai de la chance d’avoir beaucoup de monde qui a parlé de la marque notamment Comme un Camion. Pour moi, le blog dépasse le simple outil de communication, il y a un côté convivial. Les personnes qui tiennent des blogs ont une vraie curiosité. C'est frais, facile et défricheur...

Boutique Philippe Alvergne
11 rue du Perche, Paris 3e
Tel: 01 42 74 15 35
Site web: www.philippealvergne.com



ENTRETIEN : Entretien avec Valentina Tortorella de Ragazze Ornamentali
Posté le vendredi 08 janvier à 08h57

J’avais rencontré Isabelle Bois et Valentina Tortorella du collectif Ragazze Ornamentali avant même l’ouverture de leur première boutique de la rue de Normandie à Paris (cf post du 4 mai). Avec presque un an d’existence, la marque a bien évolué élargissant la gamme de ses produits et continuant à faire parler le bouche à oreille en France et à l’étranger. L’occasion était trop belle pour refaire un petit point sur ces petits bijoux que sont les sacs Ragazze Ornamentali.

Comment s’est passée cette première année ?
Très bien, nous avons eu de très bons retours tant dans la presse que pour les ventes. Nous avons été invitées par le styliste espagnol Alma Alguilar en guest designer sur son défilé. Nous allons bientôt ouvrir un point de vente en Espagne.
Nous avons également beaucoup de publications : nous revenons d’une journée presse à Milan qui a très bien marché. Bientôt, on sera aussi sur un sujet de Fashion TV Japan.
Nous avons aussi des fans de Ragazze Ornamentali sur Facebook et nous sommes surprises de l’engouement que cela provoque. Nous avons même des followers au Sri Lanka ou en Indonésie !


Quelles sont les évolutions des produits ?
Le cœur de notre offre reste la borsa que nous avons désormais dans une couleur cognac très douce. Elle a maintenant sa petite sœur, une miniature de la borsa qu’on peut utiliser en portefeuille ou en pochette avec une longue chaine. Nous avons aussi des petits compléments aux pochettes pour le maquillage ou les cartes de visite.
Tu trouveras aussi des ceintures dans de très belles matières avec toujours une idée de simplicité, sans bouclerie, ni ornement.


Est-ce qu’il y a des produits spécifiques à l’automne hiver ?
Nous ne faisons pas de saison, on vend nos produits comme des objets intemporels. Il y a des couleurs sombres qui se prêtent à une utilisation hivernale et des couleurs nude plus courantes pour le printemps mais pour moi, c’est plus une question de goût que de saison.

On trouve désormais une robe dans la boutique…
Nous voulions toucher au monde du textile, mais le but n’est pas de faire du prêt-à-porter. C’est plus une notion de textile en temps qu’accessoire. Cette robe en fait est travaillée comme un foulard qui serait nouée dans le dos. Nous les réalisons sur mesure, la cliente pouvant choisir la couleur qu’elle préfère.

A posteriori, le choix du haut marais était il approprié ?
Avec notre image qui s’établit, les clientes se déplacent pour venir nous voir. Nous avons aussi beaucoup de clientes qui reviennent ou amènent des amies.
Nous nous orientons aussi vers le conseil personnalisé avec les personals shoppers ou les concierges.

Quels sont les projets pour 2010 ?
Nous allons présenter des pièces uniques en boutique à partir du 25 janvier 2010. L’idée est de retravailler sur la borsa et de la faire évoluer, voir comment elle peut se transformer sans la changer fondamentalement. Ce travail aura pour parti pris l’ornement comme manifestation visuelle très forte, mais ce sera bien sûr dans notre style, avec une lecture un peu plus épurée. Ces pièces un peu haute couture pourront être achetées sur commande.
Nous avons aussi la volonté de continuer à animer ces lieux avec des collaborations diverses. On prévoit une exposition d’artistes au 1er semestre 2010 mais ce sera en fonction des envies et des affinités.
Tout ceci sera diffusé sur notre nouveau blog Les Notes.





Atelier/Boutique Ragazze Ornamentali
9 rue de Normandie, Paris 3e
Site: www.ragazzeornamentali.com
Blog: Alors lisez bien, parce que j'ai un super plan pour vous. Offrez un très joli bonnet complètement dessiné par vos soins et tricoté par une grand mère ! C'est le concept de Golden Hook, le site de tricot social monté par Jérémy et Eric. Et pour les lecteurs de Little Style Box, Golden Hook offre un code de réduction exceptionnel de -15% !
J'ai rencontré Jérémy et Eric dans leur petit bureau parisien pour qu'ils nous en disent plus sur ce beau projet.




Peux tu nous parler du concept de Golden Hook ?
En gros, j’ai monté un site internet où tu vas pouvoir faire fabriquer sur mesure ton bonnet. Tu vas pouvoir choisir ton type de bonnet, un long un cours ou un péruvien, avec ou sans pompon, et ensuite tu peux sur chaque ligne de rang choisir une couleur et une matière associée. Tu pourras avoir un bonnet en laine avec un pompon en angora, avec une bande en alpaga ou en cachemire. Il y a 56 couleurs en 5 matières sur 26 rangs, le nombre de possibilités est supérieur au milliard...
La grande force du site, c’est outre le fait que c’est fait main, tu peux choisir la personne qui va tricoter ton bonnet. Après avoir créé ton bonnet, tu vas directement choisir la grand-mère qui va tricoter ton bonnet : Sarah ou Colette par exemple. Tu sais qui l’a fait et Colette te met dans le bonnet Fait par Colette pour Little Style Box.
Et ça, c’est la grosse plus value. Si tu veux l’offrir c’est génial : le bonnet est fait par Colette pour papa, pour maman, pour ma fille, pour ma tante…

Certains clients ne se sentent pas perdus devant toutes ces possibilités ?
Le client peut partir plus simplement sur un bonnet uni et lui rajouter quelques bandes de couleur. On a aussi des propositions de bonnets qui peuvent être retravaillées. Et, on a créé un mode aléatoire. Tu choisis 2/3 couleurs et tu peux générer un bonnet hyper joli. Après tu peux continuer à travailler dessus. Le mode aléatoire te sert comme base d’idée…


Tu n’as pas que des bonnets…
Bien sûr, on fait aussi des écharpes et des snoods, cela peut aller de 1m60 à 4m jusqu’à 40 cm de large. On en a eu une de la taille maximale, elle était gigantesque. Tu peux la porter, mais il te faut un chariot. Pour l’été, on a des nœuds papillons et des cravates en série limitée.
Pour la St Valentin, on a envie de créer des écharpes pour le couple.

Tu sources aussi ta laine en France…
J’ai essayé de monter une boite où tout soit au mieux. J’ai été cherché mes éleveurs en France dans les Alpes du Sud. Ils font de la laine française, du cachemire français. Il y en a très très peu en France.

Comment as-tu démarré dans le tricot ?
Cela fait 5 ans que je tricote mes bonnets. Au début, c’était moche puis un jour c’est devenu beau. Et alors mes amis m’ont demandé de leur faire des bonnets en choisissant les matières ou les couleurs. Comme j’étais encore en cours, j’ai cherché quelqu’un qui pouvait m’aider à le faire. En allant voir ma grand tante, j’ai vu toutes ces personnes qui s’embêtent dans les maisons de retraite. Et elles ont été trop heureuses de pouvoir m’aider à démarrer. D’ailleurs, au début, je n’étais pas très bon. Pour mes premiers bonnets, je m’étais trompé et j’avais mal reproduit un point. J’ai créé ainsi un point mal fait, qui est finalement le point signature de Golden Hook. C’est un point qui n’existe pas réellement…

Comment cela marche concrètement pour la grand-mère ?
La grand-mère ne se déplace pas, elle reste chez elle. On a un préparateur de commande qui prépare les pelotes et les couleurs... La grand-mère a déjà toutes les aiguilles, les crochets. Il amène tout cela chez la grand-mère avec une petite fiche explicative qui indique les rangs avec les couleurs. La grand-mère tricote alors le bonnet. Une fois le bonnet terminé, le préparateur récupère le bonnet et le met en boite. Les boites sont 100% cartons recyclés sans encre. Et après cela part à la poste chez le client.

Il faut combien de temps pour faire un bonnet ?
Un bonnet met environ 1h et demi, mais la grand-mère peut prendre son temps pour tricoter. Si la grand-mère s’engage à faire le bonnet, elle doit le faire en 3-4 jours ou 6 jours. Cela lui laisse le temps de s’organiser. Mais c’est souvent la grand-mère qui finit en avance et nous appelle pour avoir plus de travail.

Est-ce que toutes les grands-mères tricotent de la même façon ?
Bien sûr, elles ont chacune leur petite différence, mais les points sont assez faciles et la technique maitrisée par tout le monde. Mais par exemple, la bague dorée signature de Golden Hook peut être différente : certaines grands-mères le font très fins, d’autres plus larges. Au final, chaque bonnet aura un côté unique.
Sur un bonnet de mode APC, il y a un côté industriel, c’est un bonnet cher et sans saveur. Nous on crée la saveur.


Où habitent les grands-mères ?
Pour l’instant, elles sont toutes en banlieue parisienne, proche de notre stock.

Comment choisis tu les grands mères ?
J’ai cherché des grands-mères qui ont besoin et envie de travailler, celles qui ont besoin d’argent. Cela ne m’intéresse pas de faire travailler une grand-mère de Neuilly sur Seine qui va faire son bonnet et jouer au golf après. Nos grands-mères ont travaillé sur les marchés ou ont été ouvrières, elles n’ont quasiment pas de retraite ou vivent chez leurs enfants. On prend les mamies en galère, celles qui veulent passer de 500€ par mois à 1000€ par mois. Tu doubles ce qu’elle gagne par mois, c’est énorme et du coup, elle peut vraiment jouir d’une retraite de divertissement. L’année dernière, une grand-mère me demandait 150€ de bonnets à tricoter pour pouvoir acheter les cadeaux de ses petits enfants. A 23 ans, c’est une vraie responsabilité de savoir que les cadeaux de ses enfants reposent sur toi. Mais d’un autre côté, tu te dis que si tu le fais, tu as offert un Noel à ses enfants. Tu sers aussi à quelque chose. Il y a une vraie utilisé sociale.

Combien est ce que tu reverses aux grands mères ?
Si tu dis le montant aux gens, la moitié va te faire « c’est tout » et toutes les grand-mères ou les gens qui tricotent te diront « ouais, cool, on se fait plein d’argent avec vous ». On les paye super bien par rapport au secteur. Souvent les grands-mères me disent « vous me proposez de gagner de l’argent à faire du tricot, en restant chez moi, banco ». Il arrive même que certaines personnes que je rencontre ne veulent pas être payées « De toute façon, que vous me payez ou pas, je vais tricoter. Je préfère que cela soit utile. »

Qui crée les nouveaux modèles de Golden Hook ?
On a pris une styliste en interne qui s’appelle Maia Stritch. Elle a de très bonnes idées et un gros savoir faire. Je l’ai rencontré via le Collectif France Tricot. C’est un collectif qui fait du street art : elles recouvrent tout ce que tu veux de tricot. Elles font aussi des apéros tricots qui cartonnent. Tous les 2 mois, elles organisaient des compétitions de tricot : tricote moi ton meilleur film, tricote moi Michael Jackson… Maia a tout simplement tout gagné. Alors que je cherchais une styliste, je suis allé voir Emmanuelle Esther du CFT, elle m’a tout de suite conseillé Maia. Je l’ai rencontré, je lui ai parlé de mon histoire, elle a adoré et le lendemain, elle tricotait déjà dans mon bureau. C’est elle qui a fait nos nouveaux modèles : le snood, les écharpes, les cravates, les bonnets doigts… Si on a une idée un peu folle, Maia peut tout te faire en tricot !


Comment se passe la saison ?
La saison n’a pas encore démarré, le froid n’est pas vraiment arrivé, mais cela va s’accélérer avec les fêtes. De toute façon, c’est une activité saisonnière. Mais pour l’année prochaine, on va commencer à devenir une marque de mode plus qu’une marque de bonnets tricotés par des grands-mères. On va initier le processus de ventes en magasin, ce qui nous permettra de préparer des bonnets à l’avance pour les périodes creuses. Ce sera toujours par les grands-mères mais ce serait vendu en magasin.
Un magasin Y peut nous demander un bonnet gris avec une bande verte. Si le consommateur n’aime pas la couleur, il pourra aller sur le site pour en faire un sur mesure mais entre temps il aura pu voir la qualité du bonnet, le toucher, l’essayer. Tout le monde est gagnant.
Pour le moment, peu de magasins proposent ce genre de produits. En général, les bonnets faits mains ne sont pas très beaux.

Tu arrives à te payer un salaire ?
Pas pour le moment, mais j’espère bientôt !
Le problème, c’est que cela met du temps à démarrer. Il n’y a pas beaucoup de monde qui connaissent Golden Hook. Et nos marges sont microscopiques. On fait travailler des françaises, les matières viennent de France. Du coup, on est très peu en magasin car on fait une marge de 1,1 ou 1,2, ce qui est très faible par rapport au business du vêtement.

Est-ce qu’on ne te confond pas parfois avec Wool and The Gang ?
Wool and The Gang m’a fait le plus beau coup de Trafalgar du monde. J’ai ouvert mon site le 27 novembre 2008. Cela faisait plus d’un an que je travaillais sur le concept : le temps de trouver les éleveurs, les grands-mères, lever des fonds, créer le site… Le 1er décembre, WATG a ouvert et eux avaient les moyens, les connections, et Nadège Winter avec son réseau… Ils sont arrivés en force dans les Elle et les Jalouse. Sauf que WATG te vend un bonnet en laine pour 70€ non tricotés, là où on fait la même chose moins cher et tricoté par une grand-mère que tu as choisi qui s’appelle Colette ou Salima…
Au final, Wool and The Gang te vend le concept bien plus cher que le contenu. Mais pour nous, ce ne sont pas des concurrents. Le problème, c’est qu’on a vite fait l’amalgame et ce qui m’énerve c’est qu’on va entendre cet hiver « après Wool and The Gang, Golden Hook a monté un site de bonnets tricotés par des grands-mères. » Mais ce n’est pas vrai, on a été créé avant. C’est horrible quand tu te tues à monter une boite et que le même jour un truc énorme qui fait à peu près la même chose arrive, c’est hyper frustrant…

Tu avais restreint la communication l’année dernière…
L’année dernière, je ne faisais aucune communication… car j’étais tout seul. La structure était trop petite. Paris Match, France Soir, Le Monde, 20 Minutes, TF1, WAD et Chic étaient venu me voir. Si j’avais dit oui à tous, j’aurais été incapable d’honorer les commandes avant Noel. J’aurais juste coulé ma boite. Maintenant, ils m’ont rappelé et je suis prêt.


Avec l’approche des fêtes, tu peux livrer avant Noel ?
15 jours avant Noel, on est quasiment sur de l’avoir. 10 jours, on se battra pour que cela arrive. Mais à partir du 17 décembre, cela commencera à être plus difficile… Je me souviens de l’année dernière à cette époque. 3-4 jours avant Noel, je faisais tous les cartons moi-même et j’allais à la Poste du Louvre avec 50 cartons de bonnet à 3h du matin. J’y passais tous les soirs. J’ai eu un Noel horrible. Maintenant, on est plus organisé…

Quels sont tes projets pour l’avenir ?
J’ai énormément de mails de grands-mères qui veulent participer mais hors de Paris, c’est pour le moment compliqué. A moyen terme, je vais créer un maillage de grands-mères sur toute la France. Grâce à la Poste, on enverra les kits à tricoter. Ensuite, l’avenir c’est de créer des licences de marque à l’étranger pour faire des gangs de grand-mère. Notre premier gang sera à New York, San Francisco, Montréal probablement, Londres aussi et après l’Allemagne où on a un contact à Munich.
On cherche aussi des magasins qui correspondent à l’image de Golden Hook pour faire des séries limitées. On travaille avec Bubblewood dans le Marais. On leur a proposé 2-3 modèles dans leurs couleurs, ils ont choisi Simone comme grand-mère. Une semaine après ils étaient livrés. Le soir même, on avait déjà vendu 5 snoods!

Quelle est ta grand-mère préférée ?
Ma grand-mère préférée, c’est Babeth. Elle est grand mère à 45 ans.
C’est une jeune dans sa tête, elle se promène en baggy, elle est hyper drôle et hyper gentille. C’est une des toutes premières à avoir travaillé avec nous.



Plus d'infos sur www.goldenhook.fr.
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ENTRETIEN : Entretien avec Marc Leblond, Creative Director de Noir Basic
Posté le lundi 30 novembre à 08h47

Cela fait un certain temps que Noir Basic buzz sur le web. Avec son approche streetwear de luxe, la jeune marque parisienne a fait un carton au dernier salon Capsule du prêt à porter masculin. Au programme, des pièces inspirées du vestiaire américain dans des matières remarquables et aux finitions impeccables. J'ai rencontré Marc Leblond, Creative Director de la marque, pour en savoir plus.



Est-ce que tu peux te présenter ?
Je m’appele Marc Leblond, j’ai 29 ans et je suis designer et cofondateur de Noir Basic. A la base, j’ai une maitrise de communication audiovisuelle de l’EFAP. Après les études, j’ai commencé à travailler dans la presse street spécialisée chez Tyler et Spray. Avec Thomas Giorgetti qui a maintenant fondé Bleu de Paname, on essayait de mettre en avant la culture sneakers qui était encore aux balbutiements en France. Cela m’a donné envie de me lancer. Tout d'abord la boutique ADN Sneaker Lab avec Thomas à Paris, puis ensuite Noir Basic avec Romain Bernardini et Antony Lellouche.
Romain est diplomé de finance à Dauphine. Antony est joueur de poker professionnel pour l’équipe Winamax. En terme de travail, je m’occupe plus de la création, Romain et Antony de la gestion, mais en réalité on touche un peu tous à tout. On a aussi une jeune recrue Mickael qui aura une position entre la vente et la direction artistique.

Qui a eu l’idée du projet ?
Avec Romain nous avons eu la vision du projet très tôt. Les vêtements ont toujours été une passion pour moi notamment les basics américains. Je croyais dans la création de pièces intemporelles, des pièces que James Dean ou Marlon Brando auraient pu porter à leur époque.

Quelles sont tes influences ?
Je suis vraiment au croisement d’inspirations variées. Je suis né dans les années 80 en Australie, ma mère est brésilienne, mon père est français. J’ai grandi en banlieue parisienne en parallèle avec la jeunesse dorée, j’ai adoré l’Australie, le graffiti, le skate pendant l’adolescence, l’émergence des mouvements hip hop et puis c’est la trentaine qui arrive, la découvert des vêtements de nos parents, l’envie de passer à autre chose. Je voulais apporter ce côté un peu plus mature mais en gardant en même temps le côté basic street. Je n’aime pas trop le mot street car on l’associe au streetwear, nous on fait plutôt du basicwear avec un savoir faire sophistiqué et l’attention du détail que j’ai emprunté au japonais. J’aime depuis toujours les details des marques comme Bounty Hunter, Undercover de Jun Takahashi, Number Nine, Neighborhood…
J’aime aussi beaucoup le travail de Dr Romanelli. Au départ, il avait pris des vieux sweat shirts et des survets Nike des années 80-90 qu’il patchworkait et retravaillait. . Cela a été une source d'inspiration pour les mélanges de matière. Il y en a beaucoup chez nous entre le denim, l’agneau, la soie, l’alligator…

Comment a démarré l’aventure Noir Basic ?
Cela fait 2 ans et demi qu’on réfléchissait au concept mais on a vraiment démarré début 2008 en présentant notre collection au Capsule, un salon hyper sélectif de mode masculine. On était amateur, on n’avait pas encore de site, pas de lookbook… mais on a fait sensation. On avait fait une collection un peu dark entièrement en noir et gris. Notre ami Prince 85 nous avait réalisé un vitrail avec notre mascotte, la gargouille de Paris.

Comment expliques-tu ce succès ?
Je crois qu’on apportait une esthétique un peu nouvelle. Les autres marques finissaient toutes par avoir le même style un peu preppy.

Pourquoi la gargouille en mascotte ?
On a repris la gargouille car c’est la mascotte de Paris à l’époque moyenâgeuse, lorsque les francs-maçons ont fait un pacte avec le diable pour protéger Paris des mauvais esprits. La gargouille est un démon protecteur, c’est pour cela qu’elle orne les tours de nos cathédrales.

Est-ce que ce n’est pas voguer sur la vague gothique lancée par Riccardo Tisci ou Gareth Pugh ?
On n’est pas Riccardo Tisci. L’esthétique gothique que Gareth Pugh ou Riccardo Tisci développent est très belle mais elle ne nous correspond pas. On peut se définir dark parce qu’on utilise beaucoup de noir, des matières brutes, de l’argent, et des motifs un peu moyenâgeux comme la gargouille sur les boutons ou un dokuro japonais, gardien des portes de l’enfer. Mais il me semble que notre état d’esprit correspond plus à un côté sombre et spleen. Un peu Baudelaire meets Dr Dre.

Comment fait on pour financer un tel lancement ?
On a tous investi dans la société mais on a aussi eu la chance de trouver un partenaire financier extraordinaire en la personne d'Antony Lellouche. Cela a été un peu long au début : quand on expliquait notre vision, on a cru qu’on était un peu fou. Mais il faut de l’ambition dans la vie, c’est comme ça qu’on y arrive.

Quelle est la marque de signature de Noir Basic ?
Tout d’abord les belles matières. Elles sont sourcées à 90% en France, sauf le denim qui vient d’Okayama au Japon. On approvisionne les cuirs depuis Paris sauf les cuirs spéciaux qui viennent du sud de Millau.
Après, on réalise les produits dans des ateliers de luxe parisiens, les mêmes qui travaillent pour Chanel, Jean-Paul Gaultier, Celine, Hermes et de nouvelles marques comme Guilty, Hoon…
Et comme je le disais avant, il y a un grand sens du détails. Je préfère quelque chose d’un peu sous-estimé à première vue, mais lorsque le client va le porter, il découvrira toute sa richesse. Sur nos sweats, on utilise le plus beau french terry double retors, le lien utilise de la passementerie sur laquelle on a mis une petite patte en argent... Nos détails sont fait par René Talmon L'Armee.


Quelle est l’évolution des collections ?
La première collection a été vraiment sur le côté iconique américain. Le hoody et la varsity jacket sont les pièces de base. C’était vraiment inspiré par mon passé streetwear, l’arrivée du hip hop en France, Michael Jordan.... Dernièrement, il y a un côté Ivy qui m’a pris sur certaines pièces. J’ai beaucoup aimé ce qu’a fait l’anglais Nigel Cabourn très récemment. Il s’inspire des premières expéditions de l’Himalaya, des expéditions très intéressantes au niveau des matières et de l'esthétique.
Je travaille aussi sur une collection pour Lecur, Lecur by Noir Basic qu’on va développer pour le prochain Capsule. Elle aura un thème plutôt militaire.

Il y a un côté très utilitaire sur tes vêtements…
Il y a un côté complètement fonctionnel. Je m’inspire beaucoup des vêtements de travail. Sur la veste marin, j’ai mis une vraie poche cigarette, celle qui servait à mettre son paquet dedans, pour pouvoir se servir facilement. J’aime beaucoup que les hommes ressemblent à des vrais hommes. Je ne suis pas du tout adepte de la mode métrosexuelle. Je préfère maintenant quand les hommes portent des pantalons à leur taille, des chaussures en cuir, des cardigans, des choses simples.

Tu as étudié l’histoire de la mode ?
J’aime beaucoup lire, j’ai beaucoup d’archives, mais plus que l’histoire de la mode, j’ai beaucoup étudié l’histoire du vêtement. Si tu me demandais si j’ai un designer préféré, je te dirais que pour moi ce sont les boutiques vintage. Les autres designers le font aussi mais ils ne l’admettent pas. Si tu vas chez Mme Iglaine ou chez Anouschka, il n’y a que ça…

Quel est la gamme de prix ?
En terme de prix, on est entre 290€ pour un sweat à 1890€ pour la veste la plus chère. On reconnait qu’on n’est pas très accessible pour le moment…
Mais je travaille avec Koki un designer graphiste japonais pour une ligne plus accessible Noir by Noir Basic des tshirts, sweatshirts raglans années 30, des petits cardigans toujours dans une optique d’excellente qualité mais à de plus petits prix.


Est-ce que Noir Basic c’est du luxe ?
Noir Basic, c’est du savoir faire. Je trouve que le terme luxe est un peu galvaudé. J’en parlais avec Eric Provent , PDG de Marc Rozier, la soierie créée en 1893 à Lyon qui fournit notamment Hermes. On a eu ce débat. Si on prend son étymologie, le luxe, c’est quelque chose de superflu, ce qui n’est pas le cas de nos produits. Le luxe c’est plus du marketing, le savoir faire, c’est quelque chose de vrai. L’excellence est très importante pour nous.
Si on voulait parler de luxe, on pourrait revenir au luxe à la Savile Row, un service sur mesure à la disposition des désirs du client.

C’est important pour vous de travailler avec le monde de la musique ?
Plus que la musique, c’est toute la scène alternative qui nous intéresse…
On est en train de développer un partenariat avec Seen, un artiste graffiti de New York et Migoii Tattoo. Nous allons créer avec lui une veste avec un concept de tatouage sur les peaux. Cela prend plus de 30 heures de travail pour réaliser un bras. Les clients pourront même demander de refaire un de leur tatouage sur la pièce.

A quoi pourrait se comparer Noir Basic ?
On est sur un marché de niche sur lequel il y a peu de monde. Il y a des gens comme Hoon mais lui est plus sur une optique californienne. J’aime beaucoup Quai de Valmy. Ils commencé à faire leurs vestes avec des mélanges de matière et fabriqués chez Séraphin, le même fabriquant qu’Hermes. J’ai eu envie de tendre vers cela.

Noir Basic, c’est plus que des vêtements ?
Au-delà des vêtements, on développe l'agence NVMD (Nevermind), clin d’œil au groupe MGMT. On travaille déjà pour la marque japonaise Lecur que nous allons présenter au prochain Capsule.

Où est distribué Noir Basic ?
On est distribué exclusivement à Tokyo via Ueno-Shokai à Roppongi.
On était aussi dans notre pop up shop Nevermind en face de l’Eclaireur. Et bientôt sur une boutique en ligne nvmdparis.com. En attendant, il suffit de nous contacter sur le site.
Nous serons également présent au prochain Capsule Paris et un prochain pop-up shop courant 2010.


Un jour une boutique Noir Basic à Paris ?
Cela dépendra des investissements mais l’année prochaine sera sans doute un tournant. Cela sera probablement en Asie et/ou à Paris.

Pourquoi pas à Paris ?
En France, on est face à une certaine incompréhension. On est un pays un peu archaïque. On ne peut pas s’habiller comme on veut car on serait tout de suite critiqué dans la rue. Ce n’est pas du tout la même chose au Japon. Il suffit de s’y promener pour comprendre que tout est possible. Le Japon est en avance sur la France. Il faut voir qu’ils ont une vraie culture de la qualité. Beaucoup de monde préfère désormais commencer à l’étranger avant de revenir en France, comme Pedro Winter avec Daft Punk. Il a fallu que le groupe cartonne d’abord à l'extérieur avant de marcher en France.

Où vois tu Noir Basic dans 5 ans ?
D'ici 3 à 5 ans, on sera racheté par un grand groupe. Cela nous donnera les moyens de développer notre concept ailleurs que dans la mode : le mobilier, l’architecture intérieure et cela nous permettra de travailler pour notre agence NVMD (Nevermind).

Si tu voulais faire du shopping, tu irais où ?
J’irai dans les friperies et les vintage shops et un peu de basic à la Uniqlo ou du Ralph Lauren...

Qu’est ce que tu penses des blogs de mode ?
J’aime beaucoup les blogs de mode, je peux passer 2 heures dessus tous les jours. Cela a commencé il y a 5-6 ans par Hypebeast mais aussi Adam Bryce avec slamxhype. Mais j’aime aussi beaucoup les blogs persos comme A Time To Get, Inventory Magazine, A continuous lean de Michael Williams à New York… et bien sûr Scott Schuman du Sartorialist, ainsi que Backyardbill une version alternative très intéressante…
Les streetlooks m’ont beaucoup influencé, il y a lookbook.nu que j’aime beaucoup. Et Et j’aime par-dessus tout JJJJound, un blog uniquement de photos : aucun texte, mais une vraie source d’inspiration.
Et en France, il y a bien sûr HypeQuest, Guillotine… Ce sont des jeunes qui viennent de la culture Sneakers. Tout est parti de cette culture là. Maintenant, on est tous en chaussures de ville pour homme.

Merci Marc !!



Noir Basic
Pour toute information: contact@noirbasic.com
Site web: Noir Basic



ENTRETIEN : Entretien avec Cyrille Railliet, cofondateur de Matières à Réflexion
Posté le jeudi 26 novembre à 08h48

La marque Matières à Réflexion reste assez peu connu du grand public. Et pour cause, son concept lui-même ne permet pas une diffusion large: Laetitia et Cyrille fabriquent eux-même dans leur boutique atelier au coeur du Marais des collections de sacs à partir de vestes en cuir vintage. Chaque sac est unique par le choix de la veste et son positionnement. Non content de proposer ces sacs, la boutique propose également une sélection de prêt-à-porter et de bijoux de créateurs parisiens indépendants, auxquels il est difficile de résister...
J'ai rencontré Cyrille pour qu'il nous en dise un peu plus.



Est-ce que tu peux nous présenter Matières à Réflexion ?
A la base on est deux, Laetitia et moi. On a commencé en 2002 avec du textile de décoration, on faisait notamment des coussins, des plaids et des revêtements de chaise.
Un jour, un de nos clients qui a une boutique rue des St Pères nous a dit : votre coussin est bien, mais si vous le pliez en deux, vous pouvez en faire un sac.
Laetitia sortant du milieu de la mode n’était pas totalement à fond pour y retourner, mais on s’est quand même plié au jeu. Le premier sac s’est appelé le pillow bag, c’était un sac tout mou un peu doudou. On l’a vendu à la boutique Rare rue de Grenelle, et Shade rue des St Peres. On a commencé comme ça en tâtonnant pendant 2-3 saisons puis on a enchainé les salons jusqu’à avoir une trentaine de points de vente en France, Europe, Chine et Japon.
En 2005, on a lancé une ligne homme puis fin 2006, on a ouvert notre boutique rue de Poitou.
Comme notre production est très artisanale, on a alors diminué le nombre de points de vente. Il en reste une petite quinzaine dans le monde.

La grande force de Matières à Réflexion est son concept, peux tu nous l’expliquer ?
Laetitia adore travailler le cuir vintage. C’est un cuir qui a vécu, il est beaucoup plus vivant que la peau 'neuve'. On a donc eu l’idée de produire tous nos sacs à base de vestes vintage en cuir, et on les produit ici même dans la boutique rue de Poitou.

Quel est l’intérêt d’utiliser des vestes en cuir ?
D’abord c’est une très belle matière à travailler, elle a une vraie sensualité. Ensuite selon les vestes dans lesquelles on réalise un modèle de sac, le résultat sera très différent. En retravaillant les vestes vintage, on a un choix de placement. Même si c’est le même gabarit, les détails sont différents. L’idée est toujours de retravailler le sac autour des détails de la veste. On garde des coutures, des poches, des boutons, des détails de fronces, de surpiqures, les empiècements, les cuirs martelés…
Le type de veste va te donner un résultat différent : par exemple si on veut faire un sac super rock, on choisira un perfecto d’homme.

Tu utilises aussi du cuir neuf ?
Sur chaque sac, on associe quasiment toujours cuir neuf et cuir rétro. De manière technique, le cuir vintage donne la souplesse et le cuir neuf structure le sac.
Cela nous permet aussi d’avoir des couleurs qu’on ne peut pas avoir en cuir vintage.
On travaille également la bâche militaire, des costumes d’hommes et du vieux jean. Sur cet hiver on a acheté des anciens pantalons des chasseurs alpins. Ils sont en laine épaisse bleus avec des liserais jaunes. On les a associés avec du cuir noir pour des sacs d’homme.


Comment s’organise la production ?
Les machines en boutique ne sont pas là pour la déco. La très vieille machine est celle qui nous a servi pour les premières séries. Maintenant, on est passé à des machines un peu plus puissantes. En semaine, les machines en boutique tournent tout le temps. Il y a juste le samedi et le dimanche où on ne s’occupe que de la vente.
Le fait de travailler avec des vestes vintage empêche toute industrialisation.
Bien sûr, on essaye d’optimiser. On organise notre production par tranche. On va faire la coupe sur 25 pièces d’un modèle, puis on va en lancer dix, qu’on réalisera par bout: la doublure, le zip, l’assemblage…
On fait aussi très attention à respecter l’environnement : on n’utiliser aucune colle, ni de carton. Tout est doublé en tissu et si on a besoin de renforcer, on renforce en cuir. Le seul modèle sur lequel on a du carton est le sac de voyage.

Où trouves tu les vestes vintage ?
Le cuir, on l’achète chez Emmaüs ou au Relais, via les circuits d’insertions. Il y a un gros circuit de tri et nous on rachète par lot. Ils ont des stocks énormes en vrac. Je choisis en fonction de ce qu’on aime travailler. Pour sortir 40 vestes, il me faut environ 2-3 bacs de 300kg. Pour les militaires, on bosse directement avec des fripiers militaires.

Quelle est la gamme de prix ?
Les sacs coûtent de 95€ à 500€.

Comment peux tu avoir de tels tarifs avec des produits fabriqués à Paris ?
On n’est que tous les deux, on n’a pas de frais de structures, pas de publicité, peu d’investissements, pas de stocks à gérer. Nous n’avons donc pas tous les frais que peuvent avoir les grosses marques, ce qui nous permet de pratiquer des tarifs plus bas. Et puis pour nous, il faut que le prix reste raisonnable, sinon ça n’a pas vraiment de sens...

Tu as donc très peu de stocks ?
On n’a jamais plus que ce qui est en boutique. On fait toujours des petites séries : si un sac plait, on peut en refaire. Cela nous arrive aussi en pleine saison de lancer un nouveau modèle. Cette saison, on a chiné assez tardivement des ceintures cloutées années 80. On a alors produit des sacs avec ces ceintures en guise de bandoulière.
En fait, on a tellement peu de stock qu’on passe notre temps à noter les adresses mails des clientes qu’on doit avertir lorsque le modèle arrive.


Est-ce que vous pouvez adapter un sac aux besoins de la cliente ?
Cela nous arrive très souvent de répondre à des besoins spécifiques des clientes. Parfois des clientes nous demandent un sac qui irait avec une paire de chaussures. On cherche dans le stock 3-4 vestes d’une couleur proche. Elle peut choisir celle qu’elle veut puis elle peut choisir les détails. C’est vraiment de la demi-mesure.
On peut aussi avoir des clientes qui viennent avec leurs propres vestes pour les faire transformer en sac. Une fois, une fille est venue avec la veste de son mec qu’elle ne pouvait plus supporter et elle l’a fait transformer en cartable pour lui offrir pour son anniversaire.

Quel est le prix d’une telle commande ?
C’est le même prix qu’un sac normal. D’ailleurs si la cliente vient avec sa veste, on lui fait une remise de 10% car elle amène la matière première.

Et quel sont les délais ?
Habituellement, il faut compter trois semaines. Mais si une bonne cliente veut une pochette pour un mariage dans dix jours, on doit pouvoir le faire.

Mais est ce qu’une cliente peut vous demander n’importe quel forme de sac ?
Créer un sac de zéro nécessite beaucoup de travail notamment pour refaire les patrons. Nous travaillons donc principalement autour des formes de notre collection, mais on peut adapter les formes selon les besoins. Il y a deux saisons, une cliente trouvait que notre mini-moon, un sac un peu rond avec un rabat, était un peu trop petit. On l’a développé en plus grand et on l’a ajouté à notre collection.
On a aussi un très bon client qui est venu un jour pour un sac de voyage. Il aimait bien un modèle existant mais il voulait le modifier. On l’a donc réadapaté, repatronné et on l’a maintenant dans la collection.
Mais il s’agit toujours d’un travail autour de nos formes d’origine. Il arrive que des clientes viennent avec un sac de marque en nous demandant de le copier, ça on ne le fait pas. On ne fait pas non plus de réparation ni de réinterprétation de sacs vintage.


Et de vraies commandes spéciales ?
De temps en temps, on fait des choses un peu particulières. Pour un film avec Audrey Tautou, on a créé un sac pour répondre aux besoins du film. La costumière voulait un sac qui irait avec la besace fétiche d’Audrey Tautou rapportée du Pérou. Elle le voulait avec un look naturel et vieilli. On a donc travaillé un de nos modèles avec des cuirs vieillis marron et des empiècements de toiles péruviennes.

Pourquoi vous êtes vous installés rue de Poitou ?
On a eu le coup de cœur pour cette boutique avec ses grands murs en pierre et pour le Haut Marais, un petit bastion de l’art contemporain à Paris plein de petites rues ou l’on se perd avec plaisir ! A l’origine, il y avait seulement Shine, l’Habilleur et Hoses rue de Poitou. Il n’y avait pas encore Lemaire, la rue était aux 2/3 vide. C’était un peu un pari. Maintenant la rue est un passage obligé après la rue Vieille du Temple.

Tu ne vends pas que les sacs en boutique ?
On ne voulait pas faire une boutique de sacs car on trouvait que cela ne véhiculait pas une ambiance. On a tout de suite pris des bijoux et prêt-à-porter femme et un tout petit peu d’homme. En prêt-à-porter, on n’a que des créatrices qui sont un peu comme nous. Elles ont entre 30 et 40 ans et font de petites productions en France : Eple & Melk, Karine Jean, Elsa Esturgie qui est un peu la plus senior du lot, Please Don’t…
En bijoux, on a à la fois une sélection de créatrices qui travaillent l’argent ou l’or Lyie van Rycke, Adeline Cacheux (qui fait également des collections pour Cristofle) ) ou des pièces fantaisie et/ou rétro, La Tonkinoise, Viveka Bergström, Trois Petits Points, Marine de Diesbach, Louise Hendricks et House of Done.


Qu’est ce qui marche le mieux ?
La boutique actuellement vend 3/4 de femmes et 1/4 d'hommes.
Après pour les produits, cela dépend des mois, c’est hyper varié. Les sacs sont un peu liés à l’offre qu’on a : quand on en a moins, on en vend moins.
Les vêtements, , ca dépend plus de la météo ! Par contre, nos client(e)s viennent très régulièrement acheter leurs cadeaux à la boutique – surtout des accessoires, sacs ou bijoux !

Comment vous vous organisez avec Laetitia ?
On est hyper complémentaire. Laetitia s’occupe de la création, moi sur la gestion. Laetitia fait aussi beaucoup de vente. Elle adore le contact avec les clients et leur apporte de véritables conseils.

Comment Laetitia travaille un nouveau modèle ?
Laetitia part toujours de la veste pour créer son modèle. Elle dessine son modèle directement sans patron, de manière hyper spontanée.
sSon inspiration, c’est le cinéma, les expos, les magazines, l’air du temps… elle travaille de façon totalement intuitive, et ne suis pas du tout un raisonnement marketing. Elle fait ce qu’elle aime, quand elle le sens !

Quels sont les clés du succès pour une jeune marque ?
Première Classe est le passage obligatoire pour une marque qui se lance, mais il faut savoir se démarquer et rester toujours fidèle à ses principes. On voit trop de marques qui essayent de séduire le client à tout prix, en perdant leur identité.
On a eu de la chance parce que les clients ont tout de suite accroché sur notre style. Bien sûr, ce qui a été difficile au début a été d’expliquer à une boutique que si elle commande dix pochettes noires, elle aura au final dix pochettes différentes, donc ce n’est pas sûr qu’elle les aimera toutes. Cela a été un peu un frein, notamment sur le Japon. Mais ils pouvaient aussi nous spécifier certains points ou cadrer un peu : je ne veux pas de zip, je veux des fronces....
Le 2e passage obligatoire est d’avoir son propre point de vente. Avoir la relation directe avec le client final est hyper important. Le client t’apprendra plein de choses sur tes propres produits. Si tu n’as pas de boutiques, tu livres tes revendeurs en début de saison et tu n’as aucun retour. Tu n’as aucun moyen de savoir ce qui marche.
La saison où on a ouvert la boutique, la collection n’avait pas marché lors des salons : seulement 4 points de vente avaient acheté. Mais en boutique, la collection a marché tout de suite. Après tu peux aller voir tes revendeurs et leur expliquer le modèle qui marche. Tu deviens beaucoup plus crédible.

Merci Cyrille !!








Matières à Réflexion
19 rue de Poitou, Paris 3e
Tel : 01 42 72 16 31
Ouvert tous les jours de 12h à 19h
Site internet: www.matieresareflexion.com



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